Les Amis de Saint François de Sales et de Notre Dame de Fatima
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LA SYRIE Voyages en terre d’Islam 3

Notre promenade nous entraîne aujourd’hui sur les chemins de Damas, en Syrie. Si Damas est la capitale, la plus grande ville est Alep. Aperçu historique La République Arabe Syrienne est un pays arabe du Proche-Orient situé sur la côte orientale de la Méditerranée, le Bassin Levantin. Ce territoire a abrité une des plus anciennes civilisations du monde, empire sémitique remontant à environ 2.500 ans avant Notre Seigneur. Saint Paul a établi une Eglise d’abord à Antioche, Syrie antique aujourd’hui en Turquie, Damas fut la capitale de l’empire Omeyyade, qui s’étendait de l’Espagne à l’Asie Centrale (661 à 750 après Notre seigneur). En 1517, la ville et le pays tombent sous la domination ottomane jusqu’en 1918. Une révolte arabe met fin à cette domination et un royaume arabe indépendant est crée, Fayçal en étant le premier et dernier roi. Après la bataille de Maysaloun en 1920, le pays est géré par la France dans le cadre d’un mandat et Fayçal est exilé en Irak. La situation devient confuse au début de la seconde guerre mondiale après la débacle française, l’Angleterre et les forces françaises libres( De Gaulle) prennent le contrôle du pays, mais les syriens continuent a vouloir le départ des français, vivement encouragés par les britanniques. Un ultimatum britannique provoque la réunion du conseil de sécurité de l’ONU, l’assemblée onusienne impose le départ de la France et en 1946, la Syrie devient indépendante. Hachem al-Atassi devient le premier président de la république syrienne. Il récupère la direction d’un pays considérablement modernisé par les français dans ses structures administratives et sociales. La Syrie va maintenant entrer dans le chaos politique. A partir de là, les coups d’état vont se succéder jusqu’en 1954, certains inspirés par la Grande-Bretagne et les USA . En 1956, la convergence de vues des politique syriennes et égyptiennes créent des conditions favorables à un rapprochement et le 1er février 1958 ces deux pays s’unissent pour créer la République Arabe Unie…qui n’existera que jusqu’au 28 septembre 1961, date du coup d’état du général Haydar al-Kouzbari qui reprend sa liberté et rétablit la République Arabe Syrienne. L’origine du pouvoir actuellement en place Un nouveau coup d’état du 8 mars 1963, œuvre du parti Baas installe au pouvoir Amin al-Hafez, mais le 23 février 1966, un nouveau coup d’état initié par les militaires renverse ce gouvernement. Quoique les auteurs du coup d’état fassent parti du Baas, ils veulent « rectifier » la pratique du parti et font une politique régionaliste, et non plus panarabe. Cependant, la Syrie et l’Egypte perdent la guerre des 6 jours et ce gouvernement s’en trouve affaibli. Le 13 novembre 1970, Hafez el-Assad , ministre de la défense, procède à un coup d’état et devient premier ministre, homme fort de la Syrie et installe une dictature héréditaire, cependant légitimée par son élection au suffrage universel le 12 mars 1971 puis par quatre autres référendums. A sa mort en 2000, son fils Bachar el-Assad lui succède. C’est lui qui affronte une révolution en ce moment ; bien entendu les révolutionnaires ont le soutien des média et les pays occidentaux les aident, ouvertement ou de façon occulte. L’image que l’on diffuse du gouvernant en titre est celle, devenue habituelle, du Tyran Sanguinaire qu’il faut combattre au nom de la démocratie, des droidloms, etc…Bref des « valeurs » occidentales actuelles dont on ignore totalement la « valeur » en pays musulman. Cependant, ce qui frappe à la lecture de ce qui précède est la remarquable stabilité du régime depuis la prise du pouvoir par Hafez el-Assad. Il faut savoir que ce dirigeant a été confirmé dans ces fonctions par 5 référendums, et que son fils a également été élu. Perspectives ? Nous ne cherchons pas à défendre, ou à juger, un gouvernement dont nous savons peu de choses, mais à comprendre, au vu des expériences passées si malheureuses, ce qui peut arriver, pourquoi et s’il peut en sortir un bien. En réalité, la clé du problème est simple, et à vrai dire hélas classique : les el-Assad font partie d’une minorité religieuse musulmane, les alaouite. La population syrienne se compose de 90% de musulmans et de10% de chrétiens. Ces derniers sont d’origine autochtone, issus des premières communautés chrétiennes, c’est une communauté prospère et éduquée que le pouvoir laissait tranquille. Mais parmi les 90% de musulmans, 78% sont sunnites et les 22% restant sont alaouites, druzes, ismaéliens et chiites. Conclusion logique : les prétendus révolutionnaires (qui ne se cachent pas d’être musulmans au point d’avoir déclaré à une radio Suisse que les occidentaux devaient les aider en envoyant des armes et des munitions, des bombes et de l’argent, mais sans venir fouler le sol syrien…) sont en réalité les sunnites, majoritaires, qui veulent déboulonner un pouvoir alaouite dont nous noterons au passage que les chrétiens s’en accommodent. Quand les occidentaux auront aidé les révolutionnaires à se débarrasser du « tyran » en place, le chaos s’installera grâce aux diverses factions musulmanes prêtes à prendre le pouvoir, soucieuses de mettre en place la charia, et les chrétiens n’auront plus qu’à quitter leur terre natale sous peine de dhimmitude. Et la Syrie rejoindra la cohorte de ces pays d’orient martyrisés par les « occidentaux » à l’aide de bombes et de mensonges (les seconds sont préalables et nécessaires pour permettre l’envoi des premières). Les « média » nous annoncent que des milliers de réfugiés syriens frappent à nos portes. Sans doute les lendemains qui chantent promis par les « révolutionnaires » qui vont mettre à bas « l’odieuse tyrannie » ne leur plaisent guère ; car si la tyrannie leur avait tant déplu, ils auraient certainement fui pendant qu’elle avait le pouvoir bien en main… Il est plus vraisemblable qu’ils craignent beaucoup plus le chaos et la tyrannie barbue à venir. Les mêmes « média »nous annoncent que la France et la Grande-Bretagne mettent en jeu actuellement tout leur poids diplomatique pour armer « l’opposition » ; il semble que quelques voix, perçant le mur de l’uniformité se soient étonnées de voir la France vouloir armer en Syrie ceux-là même qu’elle combat au Mali. Nous nous étonnons avec eux, bien évidemment, mais nous savons que nous ne sommes pas au bout de nos étonnements.





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